La municipalité met fin à l’Estivada : quel gâchis !

Un festival référence de la culture occitane depuis 30 ans

L’Estivada de 1993 à 2015 s’est affirmée à Rodez comme LE Festival des cultures occitanes : une référence incontournable pour les acteurs de la culture occitane qui s’étend de la moitié sud de la France jusqu’aux vallées du nord de l’Italie et au Val d’Aran en Espagne.

Dans ses programmes, durant quatre jours, des concerts, de la poésie, du théâtre, des contes, de la littérature, des bals, des débats répartis dans tous les équipements culturels de la ville : jardin public, puis Bourran, la MJC, la Chapelle Royale, les archives ainsi que les commerces, hôtels, restaurants…

Selon l’éditorial du programme 2012, le maire Christian Teyssèdre précise : « c’est près de 60 000 festivaliers en 2011… l’édition 2012 sera exceptionnelle car elle sera celle de la reconnaissance internationale de notre festival… Plus que jamais l’Estivada est ancrée dans son territoire comme acteur économique qui injecte directement dans l’économie locale toujours plus de moyens, mais aussi et surtout met en avant les prestataires locaux et valorise les produits de notre savoir-faire ».

La reprise en régie directe signe le déclin

En 2015 le maire et sa majorité ont décidé, sans concertation avec les habitants, les associations et les professionnels de rompre le contrat avec l’organisateur professionnel Patrick Roux pour prendre en régie directe l’organisation de l’Estivada. Au-delà des critiques toujours possibles, ce dernier avait pourtant su et pu maintenir la qualité des intervenants et l’ambition de toucher toutes les régions concernées par l’occitan. Quand la municipalité a pris le festival en régie directe, tout cela est devenu très difficile, voire impossible car il s’agit bien là d’un travail spécialisé, un métier du monde de la culture. Pas étonnant que le maire constate que le festival « n’attire pas vraiment les foules » dans son interview de Centre Presse du 26 Janvier. La pauvreté et l’inadaptation du programme ont découragé de nombreux festivaliers qui venaient de tous les coins de l’Occitanie et au-delà.

Plus étonnante est la réaction de Sarah Vidal dans la presse, qui répète quatre fois : « le maire n’a pas compris l’importance». Elle a pourtant eu la responsabilité de l’organisation du festival pendant ces quatre dernières années qui ont abouti au déclin du projet, de moins en moins populaire.

La municipalité fait disparaître un projet culturel

La municipalité a décidé de mettre fin à l’Estivada en tant que festival de référence, rassemblant depuis 30 ans des milliers de personnes autour de la culture occitane. En 2023 la programmation de trois soirées de concert, sans lien entre elles et en seul lieu, ne permettra plus de rassembler des festivaliers autour d’une culture commune : les commerçants pourront certainement en constater les effets. Le coût annoncé du nouveau projet pour les finances municipales est élevé (500 000€), d’autant plus qu’on peut douter de la participation financière du conseil départemental, de la région Occitanie et d’autres régions occitanes comme précédemment, puisque le projet culturel a disparu.

Au final, quel sera le bénéfice pour la ville d’un projet qui n’a plus aucune identité ? Le Collectif Citoyen, à travers le programme de la liste Rodez Citoyen aux municipales de 2020, avait acté la renaissance d’un véritable festival occitan en concertation avec les associations occitanes locales et la sortie de l’amateurisme en faisant de nouveau appel à des professionnels compétents.

Quel gâchis !

Nous soutenons la pétition “Gardarem l’Estivada”, qui a dépassé aujourd’hui 3.500 signatures et qui s’adresse à la municipalité ruthénoise pour qu’elle revienne sur sa décision.

 

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